De retour ...du Sénégal pour Girafrica

Bonjour à tous et à toutes,

pour commencer, j’espère que vous faites tout votre possible pour prendre bien soin de vous –corps, âme et cœur– par ces temps aussi troublés que mouvementés...

Après un assez long silence, le moment est maintenant venu de vous donner des nouvelles.

Depuis trois ans, avec quatre collègues en Communication nonviolente, nous nous sommes lancés dans un grand projet :  Girafrica. Nous avons mis en place un programme ambitieux pour former en Afrique à la fois des formateurs et des acteurs et actrices de paix en CNV. Girafrica me tient particulièrement à cœur parce qu’il est notamment destiné au continent d’où je viens : l’Afrique.

Nous revenons du Sénégal où, pendant huit jours, nous avons donné le premier stage intensif Girafrica à des participants venus de plusieurs pays :  Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Côte d’Ivoire, Liban, Maroc, Tunisie et, bien sûr, Sénégal !

Nous étions partis rencontrer des francophones qui pratiquent déjà la CNV en Afrique subsaharienne et au Liban, afin de les soutenir et de leur donner les outils nécessaires pour transmettre la CNV en vue d’une certification. 

Nous avons été impressionnés de constater que les participants au stage pratiquaient la CNV depuis longtemps et que la plupart avaient des projets d’envergure. La directrice d’une école au Burkina Faso a ainsi accueilli 40 orphelins dans une région marquée par la guerre et les violences. En Casamance, un chef de village fait se rencontrer militaires et rebelles afin d’apaiser les tensions nourries par les dégâts humains et matériels laissés par la guerre. Les exemples sont nombreux, vous en aurez un échantillon dans le petit film consacré à ce stage et qui sera diffusé prochainement.

 

Citons encore un jeune participant de moins de 30 ans, ancien réfugié casamançais et qui a été témoin des tortures infligées à ses parents : « Lorsque j’ai découvert la CNV, j’ai vu que mon cœur était devenu une pierre. Depuis, j’ai pu redécouvrir mon cœur et j’ai vraiment envie de créer de l’humanité autour de moi. »

J’ai été émue par les réalités très dures et les violences auxquelles étaient confrontés nos participants, mais aussi et surtout par leur foi et leur engagement car tous font preuve d’une détermination extraordinaire à œuvrer très concrètement pour la paix.

A la fin du stage, ils sont partis avec une direction claire pour passer les étapes requises pour devenir formateurs en CNV, ce qui implique à la fois un travail sur la posture et l’incarnation des valeurs de la CNV, l’apprentissage permanent de la coopération et la transmission de la CNV.

Quant à nous, les formateurs de Girafrica, nous poursuivrons notre travail d’appui pour intégrer toujours plus de personnes d’Afrique et du Liban dans le réseau international de certification CNV. Il faudra du temps, mais le but ultime est que Girafrica soit basée en Afrique, avec des certificateurs africains.

Les émotions vécues pendant ce stage au Sénégal vibrent encore en moi et cette expérience nourrit mon profond espoir de contribuer à la paix dont notre monde a tant besoin.

Ma rencontre avec la CNV est un immense cadeau qui a métamorphosé la qualité de mes relations, non seulement avec mes proches, ma famille et mes amis, mais aussi avec toutes les personnes que je rencontre à titre privé ou professionnel.

Voilà pourquoi j’ai tellement envie de rendre ce processus accessible à tous ceux qui souhaitent l’utiliser et/ou le transmettre.

Maintenant que je suis de retour parmi vous en Europe, à Genève, je me réjouis de vous offrir le cursus intitulé L’art de la relation professionnelle.

Alors à bientôt, au plaisir de vous revoir ou de faire votre connaissance…

Chaleureusement,

Jalila